Cette semaine en histoire

Une soirée à l’opéra cantonnais

Pour la semaine du lundi le 17 juillet 2017

Le 23 juillet 1885, le journal Daily Colonist de Victoria annonce la construction d’une salle d’opéra cantonnais de 800 places. L’opéra cantonnais était au cœur de la vie culturelle des immigrants chinois et demeure très dynamique jusqu’à ce jour sur la côte Ouest du Canada.

Opéra cantonnais, 1944
© Jack Long / Office national du film du Canada. Photothèque / Bibliothèque et Archives Canada / PA-179108

L’opéra cantonnais mise sur la musique, la danse et les arts martiaux pour raconter un récit alliant histoire et légende. Il s’en dégage également une leçon sur le thème du sacrifice, du dévouement ou de la loyauté. Les artistes intègrent au spectacle improvisation, effets sonores, costumes complexes et diverses chansons et scènes familières.

Les théâtres appartiennent à des marchands locaux, qui embauchent des acteurs étrangers. Les salles sont souvent dissimulées, accessibles uniquement par des ruelles étroites ou situées à l’étage de boutiques. Victoria compte cinq de ces salles pour une population chinoise d’environ 1 700 personnes. Au tournant du XXe siècle, le foyer de l’opéra cantonnais se déplace de Victoria vers le continent, où la population chinoise de Vancouver est en pleine croissance.

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Artistes de l’opéra cantonnais durant le défilé du 50e anniversaire de Vancouver, en 1936.
© James Crookall, Archives de la Ville de Vancouver

Les troupes d’opéra sont assujetties aux politiques d’exclusion de l’époque : les propriétaires des salles doivent payer une caution de 500 $ par acteur à leur arrivée au pays. Cette caution, remboursée lorsque le visiteur quitte le Canada, constitue un investissement important pour un propriétaire de salle qui fait parfois venir une troupe d’une vingtaine d’artistes.

L’opéra, qui rappelle aux immigrants chinois leur patrie d’origine, est considéré comme un gage de bonne fortune. Les prix d’entrée sont abordables : en 1918, ils varient de 10 à 50 sous, selon le spectacle et selon qu’un spectateur assiste à la représentation en entier ou arrive en retard. L’opéra permet également de recueillir des fonds pour des œuvres de charité. De plus, les salles deviennent des lieux de rencontre où se discutent les problèmes de la collectivité.

L’arrivée de la radio et du cinéma entraîne le déclin de l’opéra cantonnais professionnel. Presque entièrement disparue durant la Seconde Guerre mondiale, cette forme d’expression artistique connaît ensuite un renouveau grâce aux efforts d’un certain nombre de troupes d’amateurs. Des spectacles d’opéra cantonnais se donnent encore régulièrement au Canada, et beaucoup des histoires qu’ils racontent remontent au XIXe siècle ou plus loin encore.

Le quartier chinois de Vancouver et le quartier chinois de Victoria ont tous deux été désignés lieux historiques nationaux. Pour en savoir plus, lisez Le quartier chinois de Vancouver : un quartier animé!, Le quartier chinois de Victoria : un quartier d’hommes et Une porte sur une autre culture dans les archives de Cette semaine en histoire.

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