Vue aérienne de montagnes et glaciers
© Francine Mercier

Plongeur à côté d’une méduse
© Mario Cyr

La région de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster est un trésor écologique important à l’échelle mondiale et constitue le moteur écologique de l’ensemble de l’écosystème marin arctique de l’Est du Canada.

Une partie de son importance est liée à la présence de polynies – grandes oasis d’hiver en eau libre dans l’Arctique – qui permettent une productivité précoce et attirent un grand nombre d’oiseaux et de mammifères marins. Ce sont également des régions où les Inuits entreprennent de nombreuses activités traditionnelles.

Des remontées d’eau froide causées par le vent et les courants amènent les nutriments à la surface, ce qui favorise une productivité élevée le long des rives des polynies et pendant la saison des eaux libres. Les courants à l’embouchure du détroit de Lancaster déplacent les nutriments vers l’est, l’ouest, le nord et le sud, alimentant ainsi toute la région.

La région de Tallurutiup Imanga/ détroit de Lancaster est un important corridor migratoire est-ouest menant de la baie de Baffin à l’archipel arctique et relie les aires d’hivernage et d’estivage – la plupart des espèces présentes sont migratrices et elles dépendent toutes de la région lorsqu’elles passent d’un habitat essentiel à l’autre.

La région fournit un habitat essentiel au narval (jusqu’à 75 % de la population mondiale), au béluga (20 % de la population canadienne), à l’ours polaire (la plus grande sous-population du Canada) et à plusieurs espèces d’oiseaux de mer (certaines des plus grandes colonies de l’Arctique canadien).


« Les Inuits ont un lien émotionnel très fort avec la terre et la faune. La création d’une AMNC est importante pour notre mode de vie traditionnel et notre alimentation : l’océan est comme une forêt pour nous et les animaux de l’océan sont notre nourriture ».

Consultations communautaires en décembre 2013

Les Inuits dépendent depuis longtemps des ressources marines pour leur survie. Tout au long de l’histoire, les Inuits ont développé des outils spécialisés, des pratiques de récolte et des valeurs qui ont considérablement influencé le développement des activités de pêche modernes et durables au Nunavut. L’industrie de la pêche, y compris la pêche de subsistance et la pêche commerciale, amène ce riche patrimoine à l’ère moderne en tant qu’aspect fondamental de la santé et du bien-être des habitants du Nunavut (Nunavummiuts).

Une AMNC dans la région de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster serait un moyen de gérer de manière globale l’introduction de la pêche commerciale dans ce domaine, en partenariat avec les Inuits et Pêches et Océans Canada, qui maintient sa compétence sur la pêche dans les AMNC. Si le tout est effectué d’une manière écologiquement viable, la pêche commerciale et récréative locale pourrait être compatible avec la gestion globale d’une AMNC dans la région de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster.

Indépendamment des changements climatiques et des changements potentiels dans la couverture de glace, la région de Tallurutiup Imanga/détroit de Lancaster restera une zone importante du point de vue écologique, car les processus physiques responsables de la productivité demeurent, bien que la composition en espèces puisse changer avec le temps.