Grand-Pré a été désigné lieu historique national du Canada en 1955 pour les raisons suivantes : la Déportation des Acadiens; il est un centre de la vie acadienne depuis 1682 jusqu’en 1755; le profond attachement qu’éprouvent jusqu’à présent les Acadiens de par le monde envers cette région, cœur de leur patrie ancestrale et symbole des liens qui les unissent.

La valeur patrimoniale du lieu historique national du Canada de Grand-Pré réside dans le rôle de cet endroit dans l’histoire du peuple acadien et dans la place centrale qu’il continue d’occuper pour la diaspora acadienne. Cette valeur se traduit par l’aménagement paysager, par l’architecture et l’art qui caractérisent les monuments commémoratifs, et par les preuves tangibles de la présence des premiers Acadiens.

De 1682 à 1755, le village de Grand-Pré a été le centre de peuplement par les Acadiens dans la région des Mines, située autour du bassin du même nom. En 1755, l’endroit servit de quartier général lors de la déportation de plus de six mille Acadiens en Nouvelle-Écosse, par le gouvernement britannique. John Frederic Herbin acheta le terrain en 1907 en vue d’y créer un parc commémoratif à la mémoire des Acadiens. En 1917, il a vendu le lieu à la Dominion Atlantic Railway, à l’exception d’une parcelle qu’il destine à la construction d’une chapelle commémorative. En 1922, les architectes Percy Nobbs et René Fréchet ont été respectivement engagés par la compagnie ferroviaire et la Société Nationale l’Assomption, une société acadienne, pour concevoir un parc commémoratif et construire une chapelle commémorant la première Église Saint-Charles. En plus, le sculpteur Philippe Hébert réalise une statue représentant Évangéline, l’héroïne acadienne du poète Henry Wadsworth Longfellow. Bien que l’expulsion des Acadiens s’organisa depuis plusieurs endroits en Nouvelle-écosse, cette région continue d'exercer un profond attachement auprès des Acadiens à travers le monde. En fait, depuis des décennies des Acadiens se rendent au lieu, soit seuls soit en groupes, d’aussi loin que la Louisiane, pour renouer avec leur histoire et leur patrie ancestrale.