Histoire

Le Fort- Espérance revêt une importance nationale pour les raisons suivants : 

  • Il fut l’un des premiers postes de traite permanents de la Compagnie du Nord-Ouest dans le bassin de l’Assiniboine; 
  • Il fut le principal dépôt de pemmican pour les commerçants de fourrures de la Compagnie sur le continent et il approvisionna les brigades de canots, destinées aux traiteurs des régions de la rivière Athabasca et de la rivière Churchill.

À l’exception des empreints ténues de l’utilisation des lieux à des fins agricoles, à savoir la présence de champs de foin et les traces laissées par le broutage, il s’est opéré peu de changements ici depuis que la Compagnie du Nord-Ouest y a établi son premier poste, en 1787. Le complexe se compose de deux zones distinctes mais contiguës. Le Fort-Espérance se situait à l’origine sure un terrain plat, en bordure de la rivière. Comme ce secteur a fait l’objet d’un certain développement agricole, il ne reste donc plus que peu de preuves en surface de ce qui fut jadis sur les lieux. Un sentier accidenté relie ce secteur à un replat élevé au sud-ouest, là où le deuxième fort avait été aménagé en 1816 pour éviter les inondations.

De 1787 à 1820, la basse vallée de la rivière Qu’Appelle a joué dans le Nord-Ouest un rôle important dans la traite des pelleteries. Éloignée des forêts septentrionales et riche en animaux à fourrures, la vallée n’en longeait pas moins la prairie où paissaient les grands troupeaux de bison. La Compagnie du Nord-Ouest y installa son principal poste d’approvisionnement en pemmican pour le district de l’Assiniboine. Le fort Espérance, qu’on déménagea plusieurs fois, fut jusqu’à la fin de ses activités en 1819 un des plus importants de la Compagnie sur les bords de la rivière Qu’Appelle. En 1787, M. Robert Grant, actionnaire de la nouvelle Compagnie du Nord-Ouest, construisit le fort Espérance dans la plaine inondable de la rivière. Bien que la majeure partie de ce premier fort soit maintenant située dans un champ labouré, quelques dépressions marquent encore çà et là, l’endroit où se trouvaient les assises des bâtiments.

De 1801 à 1805, le poste subit la concurrence du fort de la Compagnie des XY, érigé à environ un mille en aval du fort Espérance et situé, comme lui, sur la rive sud. Vers 1810, M. John McDonald, de Garth, réinstalla ce centre d’activités sur les bords des lacs Qu’Appelle, à un emplacement qui nous est inconnu. En 1814, la Compagnie déménagea encore, cette fois sur la rive nord de la rivière, à deux milles à l’ouest du ruisseau Big Cut Arm. Le nouveau poste prit le nom de fort Jean. Ce fort, maintenant lieu historique provincial, servit de point de départ pour l’attaque que lança Cuthbert Grant contre la colonie de Lord Selkirk à Seven Oaks.

En 1816, au plus fort du conflit, la Compagnie du Nord-Ouest, après avoir brûlé un fort de la Compagnie de la Baie d’Hudson, situé à quelques centaines de verges du fort Jean, revint s’installer à environ 300 verges de l’emplacement du premier fort Espérance construit en 1787. La Compagnie de la Baie d’Hudson alla construire un nouveau poste sur la rivière Assiniboine, juste en amont du ruisseau des Castors. Le nouveau Fort Espérance fut construit sur une éminence dominant la vallée de la Qu’Appelle. Cet emplacement offrait une position défensive plus favorable, ce qui était indispensable en cette époque troublée. Aujourd’hui, on distingue fort bien les restes du cellier et du foyer de cheminée; en outre, une dépression qui entoure ces vestiges indique l’emplacement de la palissade.