Coulée-des-Tourond/Fish Creek
Site de la bataille de la coulée des Tourond/Fish Creek
© Parks Canada

Histoire

Bataille-de-la-Coulée-des-Tourond – Fish Creek revêt une importance historique national parce que :

  • il a été le théâtre, dans le cadre de la rébellion du Nord-Ouest et de la résistance des Métis, d’un engagement militaire entre la Force expéditionnaire du Nord-Ouest de Middleton et les forces métisses et les Premières nations rangées derrière Gabriel Dumont.

Au cours des années 1880, la décision prise par le Dominion du Canada dans le cadre de sa politique nationale de diviser le territoire en cantons de forme carrée afin de favoriser l’immigration et l’établissement de nouveaux colons sème une vive inquiétude chez les habitants de l’Ouest canadien, particulièrement les Métis et certaines des Premières nations. Le gouvernement fédéral restant sourd à leurs revendications et les tensions allant en s’amplifiant, les Métis, dirigés par Louis Riel et Gabriel Dumont, proclament un gouvernement provisoire à Batoche afin de se doter d’un organe habilité à tenir des négociations en bonne et due forme avec le gouvernement du Canada. La proclamation du gouvernement provisoire est perçue par le gouvernement canadien comme un acte de révolte et ce dernier décide d’y répondre par la confrontation. Le gouvernement provisoire des Métis, de plus en plus frustré par le refus de négocier d’Ottawa, commence à faire des préparatifs et à s’armer en vue d’assurer la protection des terres métisses. Le 26 mars 1885, la défaite infligée par les Métis à la Police à cheval du Nord-Ouest lors de la bataille de Duck Lake convainc le gouvernement canadien que le corps de police n’a pas les outils nécessaires pour étouffer la rébellion. Il crée donc la Force expéditionnaire du Nord-Ouest, formée de membres de la Milice canadienne de l’Est du Canada et du Manitoba et placée sous les ordres du général Frederick Middleton, qu’il envoie à Batoche, dans les Territoires du Nord-Ouest, au coeur de la colonie métisse.

« (…) Dumont décida alors d’embusquer les forces de Middleton durant la journée à la coulée des Tourond, un ravin qui faisait méandre de la ferme des Tourond vers la rivière Saskatchewan Sud et descendait vers l’endroit où le ruisseau Fish se jetait dans la rivière. Jérome Henry avait informé Dumont que Middleton et sa colonne avaient l’intention d’emprunter le chemin le plus direct entre la traverse de Clarke et la traverse de Gabriel, chemin qui s’enfonçait dans le ravin avant de remonter dans la prairie herbagère au sud de Batoche. Le ravin constituait le type de piège naturel dans lequel, si tout se déroulait comme prévu, il était possible de prendre un petit corps d’armée dans un étau dont il ne resterait plus qu’à refermer systématiquement les serres jusqu’à ce que les survivants se rendent. Des tireurs d’élite soigneusement répartis dans le lit du ruisseau et sur les pentes en surplomb pouvaient dominer la piste sur toute la longueur du ravin, tandis qu’un bois épais s’avançait jusqu’au bord du ruisseau de chaque côté du pont que devaient traverser les hommes de Middleton. Le lieu offrait un couvert parfait aux troupes en embuscade tout en exposant complètement les troupes embusquées à leur tir; le ravin constituait une vraie passe de Khyber miniature et, une fois la bataille terminée, le général Middleton, qui avait connu la Rébellion indienne, devait reconnaître que, n’eût été la vigilance de ses éclaireurs, sa colonne aurait pu facilement être anéantie [traduction]. »
(Tiré de George Woodcock, Gabriel Dumont, 1975, page 196)